Trouver le bon email professionnel ou le numéro de téléphone d’un prospect, c’est souvent l’étape qui coince dans un processus de prospection B2B. Dropcontact et Kaspr répondent tous les deux à ce besoin, mais avec des méthodes radicalement différentes. Contrairement à ce que leur positionnement concurrent pourrait laisser penser, ces deux outils sont souvent complémentaires.
Les deux sont français, les deux sont basés à Paris. C’est à peu près là où les ressemblances s’arrêtent.
Dropcontact : enrichir ce qu’on a déjà
Dropcontact ne cherche pas à constituer une base de contacts de zéro. Son travail, c’est d’améliorer ce que vous avez : une liste d’entreprises, des noms sans adresses email, des doublons dans votre CRM. On lui envoie un fichier CSV ou on connecte son CRM, et il retourne les emails professionnels vérifiés, les numéros de téléphone quand il les trouve, et nettoie les noms mal formatés.
Sa spécificité tient à la méthode. Dropcontact ne s’appuie pas sur une base de données achetée. Il recalcule les emails en déduisant les patterns d’une entreprise (prenom.nom@entreprise.fr, par exemple) et en les vérifiant. Cette approche le rend bien plus solide sur la question RGPD que les outils qui travaillent à partir de bases tierces : les données générées n’ont pas été collectées quelque part sans consentement, elles sont reconstituées.
Pas d’extension Chrome, pas d’interface de prospection LinkedIn. Dropcontact est un outil d’enrichissement et de normalisation de CRM, pas un chasseur de têtes.
Tarifs Dropcontact : Starter à 24 €/mois (500 enrichissements) / Business à 49 €/mois (2 000) / Pro à 99 €/mois (5 000) / Scale à 199 €/mois (15 000).
Kaspr : chasser les contacts directement sur LinkedIn
Kaspr fonctionne comme une extension Chrome qui s’active sur les profils LinkedIn. On ouvre un profil, on clique sur Kaspr, et on récupère email professionnel, téléphone mobile et parfois numéro direct, selon ce que l’outil trouve dans son réseau de données.
L’usage est très orienté équipe commerciale en mode chasse. Les SDR (Sales Development Representatives) qui font de la prospection LinkedIn en volume apprécient la rapidité : plus besoin de sortir de LinkedIn, pas de manipulation de fichiers CSV, les contacts enrichis vont directement dans le CRM connecté.
Le plan gratuit offre 5 crédits téléphone et 5 crédits email par mois, ce qui permet de tester sans engagement. En pratique, une équipe de prospection active dépasse vite ces limites et passe au plan Starter à 45 $/user/mois, qui ouvre 1 200 crédits email LinkedIn par an.
Les limites de Kaspr sont symétriques à ses forces : l’outil est pensé pour LinkedIn, pas pour enrichir une base de 5 000 contacts existants. Et la question RGPD mérite d’être posée, puisque Kaspr s’appuie sur un réseau de données collaboratives, une méthode plus courante mais moins transparente que l’approche de Dropcontact.
Tarifs Kaspr : Free (5 crédits téléphone + 5 email/mois) / Starter à 45 $/user/mois (1 200 crédits email LinkedIn/an) / Business à 79 $/user/mois.
Tableau comparatif
| Critère | Dropcontact | Kaspr |
|---|---|---|
| Usage principal | Enrichir une base existante | Extraire des contacts LinkedIn |
| Extension Chrome | Non | Oui (LinkedIn) |
| Numéros de téléphone | Parfois | Oui (crédits inclus) |
| Approche RGPD | Génération par pattern | Réseau collaboratif |
| Intégration CRM | Sellsy, HubSpot, Pipedrive | Sellsy, HubSpot, Pipedrive |
| Prix d’entrée payant | 24 €/mois | 45 $/user/mois |
| Nettoyage des doublons | Oui | Non |
| Prospection LinkedIn | Non | Oui |
Les différences qui comptent vraiment
La vraie question n’est pas “lequel est meilleur”, c’est “de quel problème parle-t-on ?”.
Si votre CRM accumule des contacts avec des emails invalides, des noms mal formatés ou des doublons, Dropcontact est l’outil adapté. Il nettoie, normalise et enrichit. Pour une base de 10 000 contacts en mauvais état, c’est souvent la première étape avant de penser à prospecter activement.
Si votre équipe commerciale prospecte sur LinkedIn et que les SDR passent plusieurs heures par semaine à chercher les coordonnées de personnes déjà identifiées, Kaspr fait gagner du temps de façon mesurable. L’extension évite les allers-retours entre les profils LinkedIn et les outils de recherche.
Sur le RGPD, les deux approches ne sont pas équivalentes. Dropcontact génère les emails par déduction, sans les avoir collectés au préalable. Kaspr agrège des données partagées par ses utilisateurs, un modèle courant dans le secteur (Apollo, Lusha fonctionnent de façon similaire) mais qui pose des questions différentes en matière de provenance des données.
Les deux s’intègrent avec les CRM courants. Sellsy, Axonaut, HubSpot, Pipedrive et Salesforce sont couverts des deux côtés. Pour vérifier la compatibilité avec votre stack actuel, notre page intégrations liste les connecteurs disponibles.
Quel profil pour quel outil ?
Une direction commerciale qui veut nettoyer sa base CRM avant une campagne emailing, ou qui reçoit régulièrement des listes de prospects à enrichir : Dropcontact est la réponse logique. Le tarif est prévisible au volume, l’approche RGPD est solide, et l’outil s’intègre dans les workflows existants sans friction.
Une équipe de deux à cinq SDR qui fait de la prospection LinkedIn quotidienne devrait regarder Kaspr sérieusement. Le prix par utilisateur est plus élevé, mais le gain de temps sur la recherche de coordonnées peut justifier l’investissement rapidement si le volume de prospection est là.
Ce qui est rare, c’est d’avoir besoin des deux au même moment. Ça se justifie surtout quand une entreprise a une équipe de prospection active (Kaspr) et une grosse base CRM à remettre en ordre (Dropcontact). Dans ce cas, les deux coexistent sans problème et répondent à deux problèmes bien distincts.